À l’approche des élections municipales qui auront lieu le 26 octobre 2026 à Ottawa, le moment est tout indiqué pour sonder la population sur le travail des élus municipaux.
À cet effet, le groupe-conseil Quorus a réalisé un sondage auprès de 400 résidents d’Ottawa du 16 au 23 juin pour savoir ce que les citoyens pensent du rendement du maire, de leur conseiller et de l’hôtel de ville, des priorités à mettre de l’avant et de l’influence de ces facteurs sur leur intention de vote.
Le climat général est davantage tempéré que colérique
Les Ottaviens ne rejettent pas radicalement leur administration municipale, mais ils ne sont pas non plus enthousiasmés par son travail. Ils ont une opinion plutôt favorable de leur conseiller, mais un peu moins du maire Mark Sutcliffe. Les avis sont partagés en ce qui concerne le travail de la Ville d’Ottawa en tant qu’institution. Par conséquent, la population est davantage exigeante qu’en colère. Plusieurs sont disposés à reconnaître le mérite des titulaires de charge en place, tout en considérant qu’il reste beaucoup de choses à améliorer concernant le fonctionnement de la Ville.

Cette distinction en matière de satisfaction est importante sur le plan politique. La satisfaction à l’égard du travail présentement effectué est étroitement liée à l’appui pour une continuité à la mairie, tandis que l’insatisfaction est fortement associée au désir de changement, du moins en ce qui concerne la personne qui occupe le poste de maire ou de mairesse. Parmi les électeurs décidés qui sont satisfaits du travail accompli par le maire Sutcliffe, 79 % ont l’intention de voter pour lui. Chez les insatisfaits, 83 % appuient un des ses adversaires. On observe la même tendance lorsque les résidents évaluent l’administration municipale et non le maire lui-même : 73 % des électeurs décidés qui sont satisfaits du travail de la Ville appuient le maire Sutcliffe, tandis que 74 % des insatisfaits appuient un autre candidat. Les élections prennent alors une dimension de statu quo, bien que ces tabulations en croix démontrent une association plutôt qu’un lien de causalité.

Lorsqu’ils sont combinés, ces résultats suggèrent que le débat municipal de 2026 portera davantage sur la confiance quant à la compétence des élus municipaux et la prestation des services que sur un désir généralisé de jeter tout le monde dehors – ou à tout le moins de montrer la porte aux conseillers
L’objectif est non équivoque : faciliter les déplacements dans la ville!
Le transport en commun est de loin la priorité la plus largement partagée. Quand nous leur avons présenté une liste et demandé de choisir jusqu’à trois priorités pour le prochain maire et son conseil, 50 % des résidents ont sélectionné le transport en commun. Le logement et l’itinérance se retrouvent loin derrière au deuxième rang (34 % respectivement), suivis de la congestion routière (25 %), la gestion des fonds/du budget de la Ville (22 %), la criminalité (21 %), l’impôt foncier (18 %), la santé publique et l’économie locale (15 %), et la toxicomanie/les opioïdes (14 %).
Les résultats obtenus pour les questions ouvertes sont plus probants. Sans que nous leur ayons présenté quelque enjeu que ce soit, 42 % des résidents ont mentionné le transport en commun ou le TLR comme priorité d’urgence. Dans la case qui leur avait été fournie pour écrire leur priorité absolue, un peu plus de la moitié (53 %) ont mentionné un sujet lié à l’infrastructure urbaine et au transport. Le logement abordable a été mentionné par 23 % des résidents, l’entretien des routes et des infrastructures par 18 %, l’itinérance par 16 %, le coût de la vie et l’inflation par 14 %, les hausses de taxes/d’impôts fonciers par 12 %, et la criminalité/sécurité publique par 12 % des résidents.

Le contraste entre les questions guidées et celles à réponses spontanées permet de distinguer les enjeux généralement considérés comme importants de ceux qui préoccupent réellement les résidents. Le transport obtient des résultats élevés dans les deux cas : 50 % pour les réponses guidées et 42 % pour les réponses spontanées. D’autres enjeux grimpent plus rapidement lorsqu’on les rappelle aux résidents. C’est le cas notamment de la gestion des fonds/du budget de la Ville, qui a été sélectionnée par 22 % des résidents à partir de la liste, tandis que seulement 6 % ont spontanément mentionné le budget et la responsabilité fiscale de la Ville. Par ailleurs, la criminalité a été sélectionnée par 21 % des résidents à partir de la liste et seulement 12 % qui l’ont soulevée spontanément. Pour ce qui est de l’itinérance, les résultats sont de 34 % contre 16 %.
On peut donc dire que le transport n’est pas seulement une priorité parmi d’autres, mais bien l’enjeu le plus fermement ancré dans la compréhension spontanée des résidents quant à ce qui doit être fait par la Ville.
Les problèmes mis de l’avant par les différents groupes ne sont pas nécessairement les mêmes, mais l’objectif fondamental est largement partagé.
L’âge entraîne un écart net sur le plan des priorités pour les résidents. Lorsque nous leur avons présenté une liste de 16 enjeux (et la possibilité d’en nommer d’autres), les 55 ans et plus étaient particulièrement susceptibles d’identifier le transport comme étant une priorité (57 % contre 44 % pour les 35 à 54 ans) et de prioriser la gestion des finances de la Ville (3 1 % contre 14 % pour les 35 à 54 ans). Les adultes âgés de 18 à 34 ans sont plus nombreux que les 35 à 54 ans à prioriser l’itinérance (42 % contre 26 %).
En ce qui concerne les quelques écarts selon le genre, les hommes sont plus susceptibles que les femmes à mentionner la gestion des fonds/du budget de la Ville (28 % contre 16 %), tandis que les femmes sont plus nombreuses à mentionner la santé publique (19 % contre 11 %). La revitalisation du centre-ville est plus souvent sélectionnée par les hommes que les femmes (9 % contre 3 %), bien qu’elle demeure généralement un enjeu de faible importance.
Le revenu révèle plusieurs types de pression municipale. Le logement revêt une importance particulière pour les ménages dont le revenu est inférieur à 60 000 $ (43 %), tandis que l’impôt foncier est une grande préoccupation pour ceux qui gagnent un revenu de 100 000 $ à moins de 150 000 $ (38 %). La congestion routière rejoint 35 % des ménages avec un revenu de 150 000 $ et plus. Ces écarts renforcent l’idée selon laquelle les résidents partagent des objectifs communs sur le plan municipal, mais ressentent les pressions différemment selon leur étape et leurs conditions de vie.
Le transport et la circulation font partie d’une seule et même équation, mais les arguments pour affecter plus de ressources à l’un ou à l’autre varient. Certains affirment qu’en améliorant le transport, on réduirait la congestion routière. Par contre, à l’heure actuelle, ils sont peu nombreux à être convaincus.
Les candidats à la mairie ont peu d’options pour obtenir un avantage politique.
Parmi les résidents qui ont choisi chacune des six principales priorités, Mark Sutcliffe demeure en tête dans tous les cas. De ceux qui priorisent le logement, il obtient 54 % du vote des décidés; 56 % pour ceux qui priorisent le transport; 63 % pour ceux qui priorisent la congestion routière; 61 % pour ceux qui priorisent l’itinérance; 51 % pour ceux qui priorisent le budget municipal et 53 % pour les autres qui priorisent la criminalité.
Ceci fait contrepoids à toute interprétation selon laquelle un problème particulier relève automatiquement de l’opposition. Même chez les résidents ayant identifié des enjeux majeurs pour la ville, le maire sortant conserve la pluralité ou la majorité des voix des électeurs décidés. Les autres candidats doivent en faire plus que simplement reconnaître l’existence d’un problème; ils doivent convaincre les électeurs soucieux de l’enjeu qu’un changement de leadership aurait plus de chance de produire les résultats qu’ils souhaitent.
Cela étant dit, il y a plusieurs distinctions à faire parmi les trois principaux candidats. Jeff Leiper est clairement en deuxième position pour les résidents qui priorisent le logement ou le transport, tandis qu’Alex Lawson obtient de meilleurs résultats auprès des résidents qui priorisent le budget ou la criminalité que ceux qui accordent plus d’importance aux autres enjeux.

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Qu’est-ce que le metroVox de Quorus ?
Chaque trimestre, Quorus mène un sondage en ligne auprès de 500 résidents de la RCN (400 à Ottawa et 100 à Gatineau). L’échantillonnage est soigneusement contrôlé afin d’être représentatif des résidents âgés de 18 ans et plus.
Les résultats présentés dans ce document proviennent d’une étude conçue et menée par Doug Anderson, et reflètent les opinions de 508 membres du panel de volontaires de la firme Léger sélectionnés au hasard, résidents de la RCN âgés de 18 ans et plus qui ont remplit un questionnaire en ligne entre le 16 et le 23 juin 2026.
Les données ont été pondérées pour reproduire les répartitions de la population selon l’âge et le genre à l’intérieur de la région, conformément aux données du dernier recensement. Une marge d’erreur n’a pu être calculée en raison de l’utilisation d’un échantillon non probabiliste, c’est-à-dire que les répondants ont été sélectionnés uniquement à partir d’une liste de volontaires qui s’étaient inscrits pour participer à des sondages en ligne au moyen d’un panel. Les répondants avaient le choix de faire le sondage en anglais ou en français.
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